Au XVIIIe siècle, des navires britanniques transportaient des millions d’Africains enchaînés à travers l’océan, pour les vendre comme esclaves. Beaucoup mouraient en route. Ce commerce rapportait beaucoup d’argent à des gens en Grande-Bretagne. Et il faut être honnête sur une chose difficile : des chrétiens et des Églises y ont pris part. Une société missionnaire de l’Église d’Angleterre possédait à la Barbade, une île des Caraïbes, des plantations où travaillaient des esclaves.
D’autres chrétiens ont décidé que ça devait cesser. William Wilberforce est devenu le plus connu d’entre eux.
Un jeune homme au Parlement
William Wilberforce est né en 1759 à Hull, une ville portuaire du nord de l’Angleterre. Sa famille était riche. À vingt et un ans seulement, il a été élu au Parlement, l’assemblée qui fait les lois et gouverne la Grande-Bretagne. Il était charmant, drôle et populaire, et pendant quelques années il s’est surtout amusé dans les fêtes et la politique.
En 1785, il a vécu un profond changement. Il est devenu un chrétien engagé. Il a pensé quitter la politique pour servir Dieu autrement.
Il est allé parler avec John Newton, un pasteur qui avait été capitaine d’un navire négrier et qui a écrit plus tard le cantique « Amazing Grace ». Newton lui a dit de rester au Parlement. Dieu pouvait se servir de lui là.
Le long combat
En 1787, Wilberforce a rejoint un groupe de gens qui travaillaient à mettre fin à la traite, dont un homme appelé Thomas Clarkson, qui rassemblait des preuves de sa cruauté. Wilberforce est devenu leur voix au Parlement.
Sa première loi pour mettre fin à la traite a été rejetée en 1791. Il a recommencé encore et encore. Beaucoup de gens puissants gagnaient de l’argent avec l’esclavage et l’ont combattu durement. Il a reçu des menaces. Sa santé était souvent fragile, et certaines années il était découragé et épuisé. Il a continué pendant une vingtaine d’années.
En 1807, le Parlement a enfin voté une loi qui mettait fin à la traite des esclaves britannique. Mais ceux qui étaient déjà esclaves n’étaient toujours pas libres.
Alors il a continué. Même après avoir quitté le Parlement, il a soutenu la campagne pour les libérer. En juillet 1833, la loi qui abolissait l’esclavage dans la plus grande partie de l’Empire britannique a passé son vote décisif. Trois jours plus tard, Wilberforce est mort.
Pourquoi il l’a fait
Wilberforce croyait que chaque personne était créée et aimée par Dieu, et que personne ne pouvait en posséder une autre. Jésus a commencé son œuvre en lisant ces paroles.
L’Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, Pour proclamer aux captifs la délivrance, Et aux aveugles le recouvrement de la vue, Pour renvoyer libres les opprimés,
Luc 4:18 · Louis Segond 1910
Ce que ça veut dire pour nous
Wilberforce n’était pas parfait, et la fin de l’esclavage a été l’œuvre de beaucoup de gens, y compris des esclaves qui ont résisté et se sont enfuis. On ne doit pas faire de lui le seul héros. Et il faut se souvenir que l’Église était des deux côtés de ce combat.
Ce que son histoire montre, c’est à quoi peut ressembler la fidélité : une personne qui ne s’est pas arrêtée pendant presque cinquante ans. Si une injustice te tient à cœur, tu n’as pas besoin de gagner vite. Tu peux continuer, pas à pas, et faire confiance : Dieu aime les gens pour qui tu te bats encore plus que toi.
